David Gribble : Education for Freedom Respect Children
     
Respect Children

 

The David Gribble Archive : Talks

Ecarts culturels, ressemblance pédagogique

L'éducation libertaire dans différents pays

Strasbourg, 2003
Page 5

Happy at School : L'éducation libertaireEn quoi est-ce si différent de n'importe quel autre petit lycée? Les activités politiques ne sont pas tellement extraordinaires. On justifie l'existence de l'emploi du temps en disant que ces jeunes n'ont pas de structure dans leur vie en dehors du lycée et ne pourraient s'organiser sans ce support. Mais cela n'a pas beaucoup d'importance. Ce qui est important, c'est l'ambiance, c'est le soutien, c'est l'amitié. Lors de la première heure de la classe Unité à laquelle j'ai assisté une élève est revenue avec son bébé nouveau né. On l'a accueillie, élèves et personnel, avec des acclamations. Cela indique déjà un respect inconditionnel. A un autre moment j'ai vu l'une des enseignantes qui s'est disputée avec un jeune homme de peut-être vingt ans. Ils en sont venus aux mains, en riant de bon coeur. Cela montre une confiance mutuelle extraordinaire, surtout quand on pense que ce jeune homme aurait bien pu avoir un couteau sur lui. Lors d'une classe Unité, une enseignante, Lourdes Lugo, maintenant directrice du lycée, avait mis 'Peine de mort' à l'ordre du jour. L'élève qui présidait a ouvert le débat en disant 'Lugo veut introduire la peine de mort pour ceux qui arrivent en retard.' Cela n'a pas été tout à fait facile de rétablir l'ordre pour qu'elle puisse expliquer qu'elle voulait discuter le nombre effrayant d'exécutions dans leur état, l'Illinois. Mais, dès que cela a été compris, on a écouté avec respect. On pouvait plaisanter avec les professeurs, qui se prêtaient volontiers à cela, mais on comprenait aussi quand il s'agissait de quelque chose de vraiment sérieux.

Cette combinaison de gaîté et de dignité est un des signes que les adultes et les jeunes se comprennent et se respectent les uns les autres. C'était quelque chose de tout à fait nouveau pour ces jeunes gens.

A Sands School il y a beaucoup plus de liberté. Bien qu'il y ait un horaire, les jeunes peuvent choisir les classes auxquelles ils veulent assister. Il y a une assemblée chaque semaine où l'on peut non seulement discuter mais aussi décider de toutes les affaires de l'école. Quand nous avons fondé l'école on m'a élu comme directeur mais au bout de deux ou trois ans je me suis aperçu que je n'avais pas du tout le pouvoir d'un directeur. Maintenant l'école a seulement un administrateur qui doit s'assurer que toute décision nécessaire soit prise par l'assemblée, et, ensuite, que les décisions soient appliquées. Avant l'ouverture de l'école nous avons discuté la question du partage du pouvoir avec les futurs élèves, et les deux pouvoirs auxquels ils tenaient le plus, c'était de nommer le nouveau personnel et d'admettre les nouveaux éleves. Il est très rare qu'un élève soit refusé, mais un enseignant qui cherche un poste doit venir faire des classes pendant au moins une journée, et ensuite les élèves discutent à l'assemblée avec perspicacité et dans un esprit de responsabilité.

On a commencé avec seulement deux règles - pas d'alcool et pas de drogues - parce qu'on croyait pouvoir se fier au bon sens de tout le monde, mais dès les huit premiers jours les fumeurs avaient introduit une nouvelle règle - on peut fumer, mais pas dans la maison. Maintenant, au bout de quinze ans il y a beaucoup d'autres règles qu'on a introduites, par exemple en ce qui concerne ce qu'un élève doit faire s'il veut sortir de l'école. Il y en a d'autres qui signalent indirectement qu'il y a beaucoup de choses permises à Sands qui ne seraient pas permises dans une école conventionnelle. Par exemple il y a toute une liste de règles pour réglementer les batailles à coup de bombes à eau.

Mais ce n'est pas la liberté elle-même qui est l'élément le plus important. Ici encore, c'est la relation entre jeunes et adultes. Un garçon, venu d'une autre école assez libre, a dit, 'Dans l'école où j'étais les profs agissaient envers nous comme un père ou une mère. A Sands ils sont nos amis.'

Au deuxième congrès IDEC (Congrès International pour l'Education Démocratique) qui a eu lieu à Sands School, une mère a demandé pourquoi tant d'écoles qui se disaient démocratiques étaient dirigées par des hommes charismatiques. Pendant la discussion l'une des enseignantes de Sands a dit qu'elle ne parlait pas souvent dans les assemblées parce qu'elle ne voulait pas avoir trop d'influence sur les opinions des jeunes. Deux jeunes filles de Sands se sont écriées, 'Mais non, mais non, tu dois parler. Nous voulons savoir ce que tu penses. Si nous ne sommes pas d'accord nous le dirons.' (En fait, ce n'est pas vrai que la plupart des écoles démocratiques sont dirigées par des hommes charismatiques - Butterflies et Tokyo Shure, par exemple, ont été fondés par des femmes, qui les dirigent encore.)

Plusieurs visiteurs qui ont assisté à une assemblée à Sands ont observé que, manifestement, l'école appartient aussi bien aux jeunes qu'au personnel adulte. A Sands aussi les adultes et les jeunes se respectent les uns les autres d'une façon assez exceptionnelle.

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