David Gribble : Education for Freedom Respect Children
     
Respect Children

 

The David Gribble Archive : Talks

Des Ecoles alternatives en Angleterre (et autre part)

Toulouse, 2003
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What children learn : L'éducation libertaire Pour la question des règles, il y en a à Summerhill toujours plus d’une centaine. A Sands on a commencé avec seulement deux règles - pas d'alcool et pas de drogues - mais dès les huit premiers jours les fumeurs avaient introduit une nouvelle règle - on peut fumer, mais pas dans la maison. Maintenant, au bout de quinze ans il y a beaucoup d'autres règles qu'on a introduites, par exemple en ce qui concerne ce qu'un élève doit faire s'il veut sortir de l'école. Il y en a d'autres qui signalent indirectement qu'il y a beaucoup de choses permises à Sands qui ne seraient pas permises dans une école conventionnelle. Par exemple il y a une liste de règles pour réglementer les batailles à coup de bombes à eau.

A Sands il y a, quand même, encore presque pas de punitions, sauf en cas de drogues, mais à Summerhill il y une longue liste de punitions possibles – une liste, d’ailleurs, qui a ses charmes. Les punitions s’appellent pour la plupart des amendes, et on y trouve des amendes conventionnelles, c’est-à-dire financières, mais il y a aussi une amende de biscuits, une amende fin-de-la-queue-pour-le-déjeuner, une amende fin-de-toutes-les-queues et celle que j’aime le mieux, l’amende partage-d’un-gâteau. On l’impose quand il y a deux élèves qui se querellent; en compagnie d’un ombudsman (un élève élu par l’assemblée pour de tels devoirs), ils doivent manger un gâteau ensemble, en discutant leur problème.

A toutes les deux écoles il y a beaucoup de liberté. Bien qu'il y ait un horaire, les enfants peuvent choisir les classes auxquelles ils veulent assister. Aux assemblées l'on peut non seulement discuter mais aussi décider de toutes (ou à Summerhill presque toutes) les affaires de l'école. Quand nous avons fondé Sands School on m'a élu comme directeur mais au bout de deux ou trois ans je me suis aperçu que je n'avais pas du tout le pouvoir d'un directeur. Maintenant l'école a seulement un administrateur qui doit s'assurer que toute décision nécessaire soit prise par l'assemblée, et, ensuite, que les décisions soient appliquées. Avant l'ouverture de l'école nous avons discuté la question du partage du pouvoir avec les futurs élèves, et les deux pouvoirs auxquels ils tenaient le plus, c'était de nommer le nouveau personnel et d'admettre les nouveaux éleves - pouvoirs interdits aux jeunes de Summerhill. Il est très rare qu'un élève soit refusé a Sands, mais un enseignant qui cherche un poste doit venir faire des classes pendant au moins une journée, et ensuite les élèves discutent à l'assemblée avec perspicacité et dans un esprit de responsabilité.

Quoiqu’ils puissent bien retirer leurs enfants de l’école, les parents n’ont pas de droits, ni à Summerhill ni à Sands. A Summerhill c’est en partie parce que c’est un internat, mais A. S. Neill lui-même avait une raison tout à fait différente. Il a cru que c’était toujours les parents qui causaient les problèmes des enfants, et donc il fallait secourir les enfants aussitôt que possible. A Sands c’est pour raison d’âge des élèves. Vous vous rapellerez sans doute le gêne causé par vos parents quand vous étiez vous-mêmes adolescents. Quand j’étais encore directeur à Sands un groupe de parents m’a offert de venir dans l’école pour enseigner leurs spécialités à eux - la photographie, par exemple, la cuisine, la méditation, je ne sais pas quoi. Moi, j’ai répondu que je ne croyais pas que les élèves seraient contents de les voir venir dans l’école, même pour une si bonne raison. Les parents ont insisté, et j’ai promis de poser la question à l’assemblée. “Voulez-vous inviter des parents dans l’école pour enseigner le t’ai-chi, la poterie et la bijouterie?” La réponse était unanime. “Oui, oui, chouette, excellente idée. Mais pas mes parents à moi.” Depuis on est devenu un peu moins strict; il y a des parents qui viennent dans l’école, mais seulement avec la permission de leurs enfants.

Vous aurez remarqué que je n’ai pas fait mention de la façon d’enseigner. C’est parce qu’il n’y a pas de méthode spéciale, ni à Sands ni à Summerhill. L’ambiance dans les classes est amicale et informelle, mais chaque enseignant enseigne à sa guise. Les enseignants doivent intéresser leurs élèves, où au moins les aider à apprendre des choses qui leur semblent importantes, parce que autrement personne ne viendra dans leurs leçons, mais à part ça, aucune théorie. Aux deux écoles les élèves qui le veulent, c’est-à-dire presque tous, passent les examens nationaux que dans la plupart des autres écoles on passe automatiquement à l’age de seize ans. A Summerhill et à Sands on les passe quand on y est prêt, ce qui veut dire pour quelques uns quand ils ont peut-être quatorze ans, et pour d’autres quand ils en ont dix-sept.

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