The David Gribble Archive : Talks
Des Ecoles alternatives en Angleterre (et autre part)
Toulouse, 2003
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Dans d’autres pays il y a des écoles qui sont encore plus radicales de ce point de vue de manque de méthode. Dans les écoles qui suivent le système de Sudbury Valley en Massachusetts aux Etats Unis il n’y a point d’horaire. On croit que toute suggestion venant d’un adulte risque d’interrompre le développement naturel de l’enfant. Quand il veut apprendre, il apprendra, mais si on essaie de le forcer à apprendre, ou bien il résistera, ou il se mettra d’accord et ne cherchera plus à suivre ses propres intérêts. Apprendre deviendra une tâche imposée au lieu d’une recherche individuelle et enthousiaste. Et il faut confirmer que ceux qui vont à Sudbury Valley School apprennent non seulement à lire et à écrire (ce qu’il faut dire parce que tant de monde pose la question) mais aussi assez pour faire tout ce qu’ils veulent après l’école, par exemple pour être reçu dans une université.
A Sudbury Valley, comme à Summerhill, il y a énormément de règles, mais quand même les jeunes se sentent libres. Le premier livre de Daniel Greenberg, un des fondateurs de Sudbury Valley, s’appelle ‘Free at Last’ – ‘Enfin libre.’ C’est que dans toutes ces écoles les jeunes ont le droit de choisir ce qu’ils vont faire pendant la journée, pendant la semaine, pendant le trimestre. A Summerhill, qui est un internat, les jeunes réglementent leur propre vie jour et nuit; ils décident eux-mêmes les heures où les enfants d’âge différente doivent se coucher, par exemple. C’est à Sands que les adultes offrent le plus de conseil, mais conseiller n’est pas insister, et à Sands aussi les enfants se sentent libres. (Et d’ailleurs à Sands il y a beaucoup moins de règles, en partie parce que ce n’est pas un internat.)
Mais ce n'est pas la liberté elle-même qui est l'élément le plus important. C'est la relation entre jeunes et adultes. Un garçon, venu à Sands d'une autre école assez libre, a dit, 'Dans l'école où j'étais les profs agissaient envers nous comme un père ou une mère. A Sands ils sont nos amis.'
Au deuxième congrès IDEC (Congrès International pour l'Education Démocratique) qui a eu lieu à Sands School, une mère a demandé pourquoi tant d'écoles qui se disaient démocratiques étaient dirigées par des hommes charismatiques. Pendant la discussion l'une des enseignantes de Sands a dit qu'elle ne parlait pas souvent dans les assemblées parce qu'elle ne voulait pas avoir trop d'influence sur les opinions des jeunes. Deux jeunes filles de Sands se sont écriées, 'Mais non, mais non, tu dois parler. Nous voulons savoir ce que tu penses. Si nous ne sommes pas d'accord nous le dirons.' (En fait, ce n'est pas vrai que la plupart des écoles démocratiques sont dirigées par des hommes charismatiques - il y en a beaucoup dirigées par des femmes, même au Japon, même en Inde. )
Plusieurs visiteurs qui ont assisté à une assemblée à Sands ont observé que, manifestement, l'école appartient aussi bien aux jeunes qu'au personnel adulte. Les adultes et les jeunes se respectent les uns les autres d'une façon assez exceptionnelle. On voit la même chose à Summerhill, où les assemblées sont plus formelles, présidé par un élève qui impose des amendes à ceux que parlent sans être appelés.
Park School, dont ma femme Lynette était une des fondatrices, est en quelque sorte l’école primaire qui correspond à Sands School. Chaque année il y a plusieurs élèves de Park qui viennent après à Sands, mais il y en a plus qui vont dans d’autres écoles. A Park aussi il y a une assemblée, où préside quelquefois un enfant, quelquefois un adulte, mais là les enfants n’ont pas le même pouvoir qu’à Sands. Les adultes gardent la responsabilité, mais les enfants se sentent respectés. Il y a une grande différence dans l’attitude envers le parents, qui jouent des rôles importants dans l’école. Pour les jeunes enfants c’est très important de voir leurs parents venir dans l’école, pour les rassurer que l’école n’est pas un monde tout à fait séparé, avec des valeurs tout à fait différentes. C’est une continuation de leur vie à la maison, pas une situation tout à fait séparée. Les parents peuvent aussi offrir des matières différentes, et c’est aussi une façon d’assurer qu’il y a souvent des hommes dans l’école - ce qui n’est pas toujours le cas dans les écoles primaires.
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