David Gribble : Education for Freedom Respect Children
     
Respect Children

 

The David Gribble Archive : Talks

Des Ecoles alternatives en Angleterre (et autre part)

Toulouse, 2003
Page 4

What children learn : L'éducation libertaire The South Downs Learning Centre n’est pas une vraie école. Il n’y a qu’une demi-douzaine d’élèves qui ont entre douze et quinze ans. ‘On n’enseigne pas,’ dit le fondateur, Ian Cunningham. ‘Les élèves décident pour eux-mêmes ce qu’ils veulent apprendre, quand ils veulent apprendre, où ils veulent apprendre et la question la plus fondamentale, pourquoi ils veulent apprendre.’ Je ne l’ai pas encore visité – il n’existe que depuis septembre – mais je crois que toute cette liberté de décision est circonscrite par une demande assez autoritaire: une fois qu’un élève a pris ces décisions, il doit signer un contrat, en promettant d’achever ce qu’il va entreprendre.

A Park School et je crois au South Downs Learning Centre il y a un respect pour les jeunes pareil à celui qu’on trouve à Sands et à Summerhill.

J’ai visité beaucoup d’endroits très différents où l'on trouve le même respect. Et dans quelques uns de ces endroits on n'a pas mis en œuvre cette pratique du respect pour appliquer des principes philosophiques, mais simplement pour résoudre des problèmes. Ceci est très important. On y est arrivé de façon pragmatique, en voyant que la plupart de ces problèmes résultaient du mépris des adultes pour les droits des enfants et des jeunes.

Par exemple j’ai passé huit jours dans le Lycée Dr. Albizu Campos à Chicago. C’est dans un quartier portoricanais où il y avait des bandes meurtières; les garçons de dix à quinze ans se battaient à coup de fusil, les filles qui voulaient être membres d’une bande devaient souvent se laisser violer, même plusieurs fois, même chaque fois que la bande se réunissait. Les membres des bandes pouvaient gagner jusqu’à mille euros dans une soirée en vendant ou en livrant des drogues. C’était une façon de se révolter contre une société qui ne leur offrait rien d’autre.

A Tokyo j’ai visité Tokyo Shure, une école pour les enfants qui ne peuvent plus supporter la pression et la violence qui prévalent dans les écoles officielles. Vous avez probablement entendu dire qu’il y a beaucoup d’enfants que se suicident à cause de cette pression au Japon. Il y en a beaucoup plus qui en deviennent malade. Pendant ma visite au Japon en 1995 les journaux discutaient le procès d'un professeur qui avait tué une fille de seize ans parce qu'elle avait refusé de quitter la salle pendant un examen qu'elle ne devait pas passer. Ça nous étonne déjà, mais ce qui est encore plus étonnant, c'est que soixante-quinze mille Japonais ont signé un appel pour un jugement indulgent.

A Delhi on considère les enfants de la rue comme des petits criminels que l'on devait contrôler par n'importe quel moyen. Ils doivent quand même travailler pour gagner leur vie. Il y en a de très jeunes - cinq, six ans. Ils ramassent des guenilles, ils cirent les chaussures, ils portent des bagages, ils aident les marchands qui tiennent des étals dans les marchés. Ils gagnent juste assez pour survivre. Quand j'ai demandé à un jeune garçon d'à peu près dix ans ce qu'il comptait faire l'année prochaine il m'a répondu poliment et a ajouté, 'Si je suis encore en vie.'

En 2001 Lynette et moi, nous avons visité l’organisation Butterflies, une association qui s'occupe d'enfants de la rue à Delhi. Il faisait très froid. La première nuit nous avons grelotté tout habillés sous trois couvertures. Le lendemain on nous a montré l'un des endroits où dormaient les enfants – c'était sur le toit de la gare.

Et partout, à Chicago, à Tokyo et à Delhi, on a trouvé la même façon de communiquer avec ces jeunes gens, l’approche qu'à Sands on a employé simplement parce qu'elle semblait la seule méthode juste pour éduquer les enfants.

Partout cette approche permet aux jeunes de se respecter et aux adultes d'être sincères, de ne pas jouer un rôle. Ils n’ont pas besoin de se cacher derrière un système de discipline imposée.

Pour les anglophones de Chicago les Portoricains étaient des immigrants qu'ils ne voulaient pas recevoir. On les traitait tous comme des inférieurs, et on méprisait les jeunes. Les jeunes ont formé des bandes pour gagner non seulement de l'argent mais aussi pour acquérir une sorte de dignité. Au lycée Albizu Campos ils avaient trouvé un alternatif. Enfin ils se sont trouvés dans une situation où on se fiait à eux, où on pouvait être fier d’être portoricanais. Il y en avait qui travaillaient non seulement au lycée mais aussi dans leur communauté. Déjà les Portoricanais à Chicago gagnaient un nouveau prestige.

12345 << PrécédenteAdjacente>>